Ne voyez pas dans ce titre une marque de mégalomanie, la Armin Wolf Arena, stade des Légionnaires, se trouve tout simplement sur la voie qui mène à l'équivalent allemand de notre Panthéon national, à savoir la Rhumeshalle Walhalla. Traduit en anglais, Rhumeshalle donne Hall of Fame. C'était tentant, je n'ai pas pu résister. Mettez ça sur le compte de ma bonne humeur du moment, s'il vous plaît.
Oui, une fois n'est pas coutume, je suis de bonne humeur et il y a au moins deux raisons à cela.
Tout d'abord, à titre très personnel, je suis particulièrement heureux de retrouver cette si belle région où j'ai passé quasiment trois ans. C'était il y a bien longtemps de cela, à une époque où les Munich Brewers et les Grünwald Jesters jouaient encore en Bundesliga, et où j'étais encore en mesure de participer sans risquer de me déboîter l'une ou l'autre épaule. Autant dire la préhistoire. Certaines choses n'ont pourtant fondamentalement pas changé, comme la capacité qu'ont les allemands à organiser ce genre d'événement. A part le River Front Stadium (le terrain secondaire) qui laisse un peu à désirer du fait de l'absence de clôture rigide au champ, tout ce que je vois me permet de mesurer à quel point l'écart se creuse entre nos deux pays. J'ai ressenti une certaine peine à écouter le vice-président de la fédération allemande m'expliquer dans le détail tous les aménagements programmés sur ce site en vue de l'accueil des matchs de la Coupe du monde 2009... Difficile de ne pas avoir un pincement au coeur en songeant qu'il y a 15 ans à peine l'Allemagne comptait un peu moins de licenciés que la France et qu'elle en recense désormais trois ou quatre fois plus. Ne cherchez pas, c'est le résultat logique d'une stratégie fédérale de développement simple mais cohérente et par dessus tout constante. Accessoirement, c'est aussi une conséquence inattendue de l'effondrement de l'URSS. Je m'explique : la chute du Mur a entraîné le transfert par les forces américaines aux communes allemandes de dizaines de bases, qui comprenaient tout plein de terrains de baseball et de softball... Ah, si seulement de Gaulle n'avait pas viré les américains et s'ils avaient eu une base à Sénart !
A propos des russes, voilà l'autre raison pour laquelle je suis de très bonne humeur. Les Templiers jouaient le match d'ouverture de la compétition contre le très mystérieux MGPU-SYOS 42, autrement dit Moscou pour les intimes. Difficile de se préparer à affronter une équipe dont on ne sait strictement rien, à part qu'elle a terminé vice-championne de Russie en 2007. Ca ressemblait bien à un piège, dans lequel il valait mieux ne pas tomber d'emblée. Samuel Meurant sur le monticule et le line-up des grandes occasions, voilà qui pouvait être une solution. Sénart sort victorieux de ce premier match sur le score de 6 à 0. Que faut-il en retenir ? Sam est au top de sa forme, j'en veux pour preuve qu'il n'a effectué que 82 lancers sur 28 at bat pour venir à bout de ses adversaires. Il devrait donc récupérer facilement et remonter sur le monticule rapidement. La défense a été solide, a tourné quelques doubles jeux et n'a commis aucune erreur. L'attaque a été très productive, que ce soit en nombre de hits ou en exécution. Au-delà de cela, je retiendrai surtout l'excellente ambiance qui règne au sein de notre équipe. Gaspard plus qu'aucun autre était à la fête : ce même jour, dans l'autre pool, ses anciens co-équipiers de Barcelone ont créé la surprise en battant la redoutable équipe de Nettuno.
Le prochain adversaire pour nous sera le très sérieux Door Neptunus, qui est venu à bout des Légionnaires de Regensburg dans la soirée. Il y a des chances pour que cela soit plus douloureux mais quoi qu'il arrive, je sens que j'aurai du mal à perdre ce sourire.